Entamées à l’âge de huit ans, les études musicales seront poursuivies durant quinze années au Conservatoire National de Région de Nice et couronnées par cinq premiers prix. Un cursus universitaire en musicologie mené jusqu’en première année de thèse de troisième cycle viendra par la suite compléter ces solides connaissances techniques. Enfin, l’obtention d’une Agrégation de musique offrira un point d’orgue à cette longue période d’éducation musicale.

Comme instrumentiste, tous les styles ont tour à tour été pratiqués avec sérieux et bonheur. Une activité soutenue et ininterrompue a conduit le trompettiste des scènes prestigieuses de l’Opéra de Nice ou de Monaco au kiosque des jardins publics, des festivals de folklore aux bals populaires, des clubs de jazz enfumés au défilé du 14 juillet sur les Champs Elysées.

L’activité compositionnelle débute  dans les années ’90, d’amblée marquée par l’éclectisme des genres. Le plus souvent au service d’un argument théâtral, ces premiers travaux sont un véritable laboratoire des styles et des affects, où les techniques se croisent et se métissent dans une grande liberté de formes. Quelle que soit sa fin, la composition est déjà marquée par la rigueur et le soin que de nombreuses années en classe d’écriture, harmonie, fugue,contrepoint et style ont su apporter.

Plus tard, un certain nombre d’œuvres de chambre voient le jour. Loin des planches et des masques, c’est alors une période consacrée à la musique pure, à l’élaboration de nouveaux paysages sonores dont certains seront repris, développés en magnifiés par la suite à l’orchestre.

La musique symphonique et concertante, abordée en troisième étape d’une progression artistique empreinte de calme et de méthode, regroupe pour l’heure les opus les plus aboutis. Les pièces répondent aux canons classiques des formes choisies, tandis que leur vigueur rythmique et leurs couleurs harmoniques les rattachent sans nul doute au monde contemporain. D’une écriture tour à tour dense et tourmentée, onirique ou épique, leur caractère original ne peut renier cependant des réminiscences impressionnistes ou l’influence des expressions musicales noires américaines.

Eloigné des grandes écoles compositionnelles du XXème siècle musical et nourri de diverses expériences, l’écriture de Frédéric D’Hulster est marquée par l’attachement à ce qu’il considère comme des fondamentaux : le thématisme, le sentiment tonal et la forme rigoureusement construite. Pris avec toute la souplesse qu’il convient, ces piliers charpentent chaque ouvrage et accompagnent l’auditeur tout en laissant à l’œuvre une infinie liberté, condition même de son existence.